« Repas le plus important de la journée », « fenêtre anabolique » pour les muscles, le post-training
ou repas suivant l'effort est un repas clé qu'il ne faut pas négliger.
Vous êtes nombreux à vous demander ce que l'on peut ou doit manger après
l'effort, quand on a fait le choix de ne pas prendre de suppléments en poudre
ou quand il s'agit de son dernier repas.
Raphael Puech, étudiant en nutrition, vous présente les nutriments
indispensables pour récupérer au mieux après l'effort et favoriser les gains de muscles.
Les Protéines !
Elles sont précurseur d’hormones et d’anticorps. Mais avant
tout, les protéines servent à la « biosynthèse protéique »,
autrement dit : la construction et reconstruction cellulaire,
notamment les muscles. C’est ce rôle-là qui nous intéresse
principalement.
Pour que la reconstruction musculaire se fasse, il faut que les
protéines soient complètent, c’est-àdire présentant tous les
acides aminés (sous composante des protéines) essentiels en
quantité suffisante.
Le saviez-vous ?
Les acides aminés essentiels sont les 8 acides aminés que le
corps humain ne peut fabriquer tout seul. Il s’agit de : la
leucine, la thréonine, la lysine, le tryptophane, la
phénylalanine, la valine, la méthionine et l’isoleucine.
Les œufs
La qualité protéique des œufs est telle qu’elle a été classifié
comme protéine de référence (présence de tous les acides aminés
en quantité idéale). Le jaune d’œuf n’est pas à jeter et est
particulièrement intéressant pour sa teneur en vitamine B2 (rôle
dans la chaîne respiratoire, métabolisme des protéines, glucides
et lipides), en vitamine B8 (rôle dans la néoglucogenèse, dans
le cycle de Krebs, production d’énergie à partir du glucose et
d’acides aminés) et B12 (synthèse de l’ADN et de la myéline). On
y trouve également de la vitamine A (facteur de croissance, rôle
dermatologique, rôle dans la vision).
Comme oligo-élément intéressant on peut citer l’iode qui aide au
bon fonctionnement de la glande tyroïde et donc à la régulation
du métabolisme.
Enfin, le cholestérol des œufs n’est pas un mal comme si souvent
dit à tort, mais est intéressant pour la synthèse d’hormones
stéroïdes et notamment la testostérone, hormone de croissance.
En pratique, un ou deux œufs bio ajoutés à votre repas
post-training, jusqu’à cinq œufs bio entiers par jour. Le blanc
est mieux assimilé cuit, le jaune est quant à lui mieux assimilé
coulant. Au plat, dans une préparation ou brouillé est l’idéal.
La viande rouge
Elle présente évidemment des protéines d’excellente qualité. Son
avantage vient aussi de sa teneur en fer héminique (la forme la
plus assimilable) qui sert au transport de l’oxygène. A noter
aussi une bonne teneur en zinc qui aide à la cicatrisation, au
système immunitaire et au métabolisme des protéines, glucides et
lipides.
En pratique, deux à trois portions par semaine car le fer est un
fort oxydant en excès. Choisissez des viandes maigres (<10% de
matière grasse) car la qualité lipidique des viandes est
inintéressante.
Les volailles
Mis à part la teneur en fer, la volaille présente la même teneur
en protéines, vitamines et minéraux que la viande rouge, et avec
une qualité lipidique meilleure.
Le poisson blanc
Trop souvent négligé, les poissons blancs présentent une
quantité et qualité de protéines égale aux viandes. De plus, on
peut noter la présence d’iode, de selenium (puissant
antioxydant) et une qualité lipidique bien supérieure.
Les Glucides !
Les glucides sont une source d’énergie pour l’organisme et essentiels au
fonctionnement des muscles et du cerveau. Ils peuvent être stockés sous forme de glycogène
et être utilisé à volonté par l’organisme.
Le saviez-vous ?
L’index glycémique a été découvert en 1981 et rend depuis la
notion de « sucre simple » et « sucre complexe » obsolète.
C’est la capacité d’un aliment à élever rapidement ou non le
taux de sucre (glucose) dans le sang.
Lorsque le taux de sucre est brutalement élevé, le pancréas
secrète une hormone appelé insuline qui va abaisser tout
aussi brusquement ce taux de sucre et engendrer ce qu’on
appelle une hypoglycémie réactionnelle. Le coup de barre
après un repas chargé un féculent ? Il vient de là !
Les féculents
Il est important, même en post training, de se tourner vers des
aliments à index glycémique bas. Pour ça, ne cuisez pas trop vos
pâtes, préférez les « al dente » et mélangez-les avec des
légumes. Idem pour le riz que vous pouvez choisir basmati plutôt
qu’à cuisson rapide.
Aussi n’hésitez pas à vous tourner vers d’autres sources de
féculents tels que le quinoa, l’amaranthe, les lentilles ou même
la patate douce. Tous sont bien plus intéressants
nutritionnellement car riches en vitamines, minéraux et
oligo-éléments.
Les fruits et légumes
Les fruits et légumes sont indispensables pour leurs nombreux
apports qu’il serait trop long d’étaler ici. Cependant leurs
concentrations en vitamine – notamment en vitamine C que l’on
retrouve uniquement dans les fruits et légumes colorés – en
minéraux et oligo-éléments font des fruits et légumes des
aliments incontournables.
Ils sont également riches en fibres solubles (légumineuses, cœur
des légumes) et insolubles (peau, graines, feuilles et racines).
Les fibres solubles (pectine, gommes, mucilages, fructane,
chitosane…) luttent contre le « mauvais » cholestérol, régulent
la glycémie, modèrent l’appétit en agissant sur les hormones de
la faim (cholecystokinine, peptide YY, peptide glucagon-like 1),
ralentissent le temps de passage des aliments à l’entrée de
l’estomac et enfin sont précurseurs d’acides gras à chaînes
courtes (acide butyrique, propionique et acétique) qui serviront
à la production d’énergie et auront un effet antioxydant.
Les fibres insolubles améliorent le transit en parcourant le
tube digestif de manière inchangée. Elles reduisent ainsi le
temps d’exposition des aliments aux parois de l’intestin et
limitent donc le risque d’inflammation et de maladie.
Pour ce qui est des fruits, leur teneur en fructose rend
malheureusement leur surconsommation néfaste pour la santé.
Cependant s’il y a des aliments « sucrés » que vous devez
consommer, ce sont bel et bien les fruits ! Prenez donc deux à
trois fruits par jour, en évitant d’en prendre au repas du soir.
Attention également : tous les fruits ne se valent pas !
Tournez-vous par exemple vers les fruits rouges et noirs (baies)
qui, peu caloriques, sont un cocktail étonnant d’antioxydant.
Les Lipides !
Parmi les lipides on distingue les acides gras saturés,
mono-insaturé et polyinsaturé.
Les acides gras saturés trop présents dans notre alimentation
sont à limiter car facteur de maladie cardio vasculaire.
Les acides gras mono-insaturés limitent quant à eux la
consommation d’acides gras saturés et protègent des maladies
cardiovasculaires.
Enfin, les acides gras polyinsaturés (oméga-6 et oméga-3) régulent l’inflammation, le taux de cholestérol, le taux de
triglycérides, aident au bon fonctionnement du cerveau, et ont
bien d’autres rôles encore.
Le saviez-vous ?
Comme les récepteurs à oméga-6 et oméga-3 sont semblables
dans le corps, l’excès d’oméga-6 empêche la synthèse des
oméga-3. Le ratio optimal oméga-6/oméga-3 conseillé en
France est de 4:1. En occident le rapport moyen est aux
alentours de 20:1. C’est pourquoi il est conseillé
d’augmenter ses apports en oméga-3, et de modérer ses
apports en oméga-6.
En plus de la consommation régulière d’huile de qualité et
de poissons gras, une complémentation peut alors être
intéressante.
Huile d’olive
Avec une forte présence d’acide gras mono-insaturés, elle limite
ainsi la consommation d’autres huiles de mauvaise qualité ou de
beurre.
Huile de lin ou de colza
A consommer pour leur teneur en oméga 3. Cependant les oméga-3
de ces huiles sont sous formes ALA (acide alpha-linolénique) qui
se converti difficilement en forme EPA (eicosapentaénoïque) et
DHA (docosahexaénoïque). Or ce sont ces derniers, et
particulièrement la forme DHA, qui tiennent un rôle important
dans le fonctionnement du cerveau.
En pratique, une cuillère à soupe d’huile de colza, de lin ou
d’olive ajouté au plat une fois celui-ci cuit (ne pas faire
chauffer ces huiles).
Les poissons gras
Le thon rouge, le saumon ou le maquereau par exemple, sont une
source d’oméga-3 et précisément de DHA. Les rôles des oméga-3 et
particulièrement du DHA sont multiples : constituant des
membranes cellulaires, préviens des maladies cardio-vasculaires,
limite l’inflammation (moins de courbatures) , fonctionnement
neuronal, abaisse taux de triglycérides sanguin, favorise la
lipolyse (utilisation des graisses).
En pratique, deux fois par semaine, à limiter à cause des métaux
lourds présents dans la chair du poisson (méthyl mercure, plomb,
aluminium).
Les oléagineux
C’est également une source très intéressante d’oméga-3 (sous
forme ALA). On retrouve également dans les amandes et les noix
du manganèse (fort antioxydant) et des phytostérols (aide à la
régulation du cholestérol).
A noter dans les amandes la forte teneur en magnésium, minéral
intervenant dans plus de 300 réactions corporelles, aidant à la
santé dentaire, la contraction musculaire et cardiaque, la
propagation de l’influx nerveux, l’intégrité du système
immunitaire…
Les noix présentent quant à elles de l’acide ellagique
(antioxydant), de l’arginine (précurseur d’acide nitrique qui
aide à la vasodilatation et donc une meilleure circulation
sanguine) et de la mélatonine (antioxydant, et véritable chef
d’orchestre des rythmes du corps).
Vous l’aurez compris les oléagineux, ici l’amande et la noix
sont deux produits très intéressants et fortement antioxydant.
De plus, leur forte teneur calorique peut constituer un bon
en-cas.
L’avocat
L’avocat est un fruit, riche en vitamine B5 (synthèse de
l’hémoglobine, métabolisme des protéines, lipides et glucides),
en phytostérol, en potassium, en fibres, vitamine E (protection
des membranes cellulaires, antioxydant, réduit le cholestérol
LDL) et vitamine K (facteur de coagulation).
Sa forte teneur en acide gras mono-insaturé, et sa teneur
correcte en acide gras polyinsaturé rend l’aliment interessant.
En pratique, un demi à un entier lors d’un repas suivant votre
gabarit (forte teneur en lipides).